Je ne sais plus ce que je veux : comment y voir plus clair

Vous ne savez plus ce que vous voulez ? Avant de réfléchir davantage, découvrez comment identifier ce qui vous manque vraiment pour avancer.

CLARTÉ & DÉCISION

Cassandre Perina

9 min read

Il y a quelques mois, je me suis retrouvée face à une situation dont j’avais longtemps rêvé : presque tout était possible.

Plusieurs changements personnels et professionnels avaient progressivement fait disparaître une grande partie de mes contraintes géographiques.

Pour la première fois depuis longtemps, je pouvais me poser une question très simple : Où est-ce que j’ai envie de vivre maintenant ?

Mais comment choisir quand presque tout est possible ?

Et surtout : comment savoir quel est LE bon endroit pour moi ?

J’aime comprendre avant de décider.

Chercher des informations, comparer, anticiper.

Alors j’ai réfléchi.

Beaucoup.

Sauf qu’à un moment, j’ai fini par rencontrer la limite de ma propre méthode.

Je pouvais comparer les villes, les prix, le climat, les vols, les possibilités de randonnée. Je pouvais probablement construire un magnifique tableau Excel.

Je ne saurais toujours pas comment je me sentirais après deux mois à y vivre.

Cette information-là, je ne l’avais pas.

Et je ne pouvais pas la fabriquer en réfléchissant davantage.

C’est là que ma question a commencé à changer.

Au lieu de me demander : « Où est-ce que je veux vivre ? », j’ai commencé à me demander : Qu’est-ce que je sais déjà ? Et qu’est-ce que je ne peux pas encore savoir ?

Cette distinction m’a beaucoup aidée.

Et elle peut être utile dans bien d’autres situations où l’on finit par penser : « Je ne sais plus ce que je veux. »

Quand nos anciens critères ne fonctionnent plus.

Quelques années auparavant, beaucoup de mes choix reposaient sur des critères assez différents.

La stabilité et la sécurité comptaient beaucoup.

Et sur le papier, j’avais construit une vie plutôt réussie : un très bon poste, une vie stable, plusieurs investissements et un petit business qui tournait à côté. Pourtant, je sentais que quelque chose n’allait plus vraiment.

C’est assez perturbant : parfois, rien ne va vraiment mal mais quelque chose ne nous convient quand même plus.

On peut avoir fait les bons choix à un moment donné et ne plus vouloir vivre avec leurs conséquences quelques années plus tard.

Changer d’avis sur ce que l’on veut ne prouve pas que l’on s’était trompé. Cela peut simplement vouloir dire que les critères ont changé.

Le problème, c’est que lorsque nos anciens critères ne fonctionnent plus, nous pouvons nous retrouver sans mode d’emploi pour la suite.

On sait que quelque chose ne va plus. On ne sait pas encore exactement quoi construire à la place. Et on appelle parfois cela : « Je ne sais plus ce que je veux. »

Le piège : chercher une réponse que l’on ne peut pas encore connaître.

Quand une décision est importante, réfléchir est utile. Le problème commence lorsque l’on attend de cette réflexion quelque chose qu’elle ne peut pas nous donner.

Dans mon cas, je ne cherchais pas seulement un lieu intéressant où vivre. Je cherchais à savoir où je serais bien. Et ce n’est pas la même information.

Je pouvais savoir si une ville avait un aéroport.

Je pouvais savoir à quelle distance se trouvait la mer.

Je pouvais regarder le prix des loyers, le climat ou les randonnées accessibles le week-end.

Tout cela pouvait m’aider à éliminer certaines options.

Mais aucun comparatif ne pouvait répondre à des questions comme :

Est-ce que je vais aimer mon quotidien là-bas ?

Est-ce que je vais m’y sentir chez moi ?

Est-ce que cette vie va réellement me correspondre ?

Je pouvais faire des hypothèses.

Pas connaître la réponse.

En psychologie, on parle notamment d’intolérance à l’incertitude pour décrire la difficulté à composer avec le fait de ne pas savoir ce qui va arriver.

Cela ne veut pas dire que toute personne indécise tolère mal l’incertitude. Mais quand une décision compte, ne pas savoir peut devenir très inconfortable.

Et réfléchir, comparer ou chercher une information supplémentaire peut alors donner l’impression qu’on finira par obtenir une garantie.

Sauf que certaines décisions n’en offrent pas.

La question devient alors : Est-ce qu’il me manque réellement une information, ou est-ce que j’essaie d’obtenir une certitude qui n’existe pas ?

Avant de chercher une réponse, il faut parfois construire ses critères.

Il restait malgré tout un problème.

Si je pouvais aller presque partout, où commencer ?

« Où pourrais-je vivre ? » était une question catastrophique.

La réponse était : à peu près partout.

J’ai donc arrêté de chercher immédiatement des destinations et j’ai commencé par définir ce que j’attendais réellement de mon futur lieu de vie.

Quelques critères sont rapidement apparus.

Je voulais avoir facilement accès à la mer.

Pouvoir faire de la randonnée.

Et rester suffisamment proche d’un aéroport pour pouvoir bouger facilement.

Le problème avait déjà changé.

Je n’avais plus à trouver le meilleur endroit parmi tous les endroits possibles.

Je cherchais des lieux qui répondaient suffisamment à mes critères pour mériter d’aller voir ce qu’ils donnaient dans la vraie vie.

Ce passage des possibilités aux critères est important. Les recherches sur la surcharge de choix montrent d’ailleurs que « plus de choix » ne complique pas automatiquement une décision : l’effet dépend notamment de la complexité du choix, de la difficulté de la tâche et de l’incertitude sur ses propres préférences.

Autrement dit, lorsque nous pensons « je ne sais pas ce que je veux », le problème n’est pas toujours l’absence d’envie.

Il peut aussi être l’absence de critères suffisamment précis pour comparer les possibilités.

« Je veux changer de travail » ne dit pas encore ce que le prochain devrait vous apporter.

« Je veux changer de vie » encore moins.

Même « je veux être plus heureux » ne donne pratiquement aucune information permettant de choisir entre deux possibilités lundi matin.

Avant de chercher une solution, il peut donc être beaucoup plus utile de préciser :

Qu’est-ce qui ne me convient plus ?

Qu’est-ce que j’attends de différent ?

Et à quoi pourrais-je concrètement reconnaître qu’une possibilité va davantage dans cette direction ?

C’est seulement ensuite que l’on peut commencer à comparer.

Et si une possibilité n’était pas encore une décision ?

C’est là que le Portugal est entré dans mon histoire.

J’y étais allée en mai et j’en étais repartie avec une impression assez simple : « Je m’y sens bien, je devrais tester plus longtemps. »

Pendant un moment, j’ai continué à traiter cette possibilité comme s’il fallait décider :

Est-ce que je veux vivre au Portugal ?

Alors qu’en réalité, je n’avais pas encore assez d’informations pour répondre.

Une séance de coaching m’a notamment aidé à faire évoluer ma façon d’aborder le problème.

Je n’avais pas besoin de décider si le Portugal serait mon futur chez-moi.

Je pouvais simplement aller voir.

Le Portugal cessait d’être une décision définitive.

Il devenait une hypothèse suffisamment intéressante pour être testée.

Et cette façon de poser le problème change beaucoup de choses.

Vous ne savez pas si un métier vous plairait ?

Il existe peut-être une manière d’en voir davantage avant d’entamer une reconversion complète.

Vous ne savez pas si l’entrepreneuriat vous correspond ?

Vous n’avez peut-être pas besoin de quitter votre emploi demain pour commencer à obtenir des informations.

Vous hésitez entre plusieurs façons de vivre ?

Certaines peuvent peut-être être expérimentées temporairement.

Toutes les décisions ne sont pas réversibles ou faciles à tester.

Mais beaucoup de questions que nous traitons comme des choix définitifs peuvent être découpées en expériences beaucoup moins engageantes.

Et surtout : certaines réponses n’existent pas encore dans notre tête parce que nous n’avons pas vécu ce qui nous permettrait de les connaître.

Dans ce cas, continuer à réfléchir ne résout plus le problème.

Il faut trouver un moyen d’obtenir l’information qui manque.

Sauf qu’une fois la décision prise, j’ai commencé à procrastiner.

J’aimerais pouvoir dire que cette réflexion a réglé le problème.

Pas vraiment.

J’avais décidé de tester le Portugal.

J’avais mes critères.

J’avais une raison cohérente de commencer par là.

Et au moment d’organiser concrètement le voyage, j’ai commencé à hésiter.

Puis à repousser.

Encore.

Le problème avait changé.

Je ne manquais plus d’informations. J’avais peur.

Et ça aussi, c’est une distinction importante.

Parce que si j’avais continué à traiter cette peur comme un problème de décision, j’aurais pu recommencer à comparer les destinations, remettre mes critères en question ou chercher de nouvelles informations.

Autrement dit : retourner dans ma tête alors que la décision était déjà suffisamment prise.

Je me suis donc posé une question beaucoup plus terre-à-terre : « Quelle est la plus petite chose que je suis prête à faire maintenant ? »

J’ai commencé à apprendre le portugais.

Ça ne m’engageait pas énormément. Mais c’était quelque chose que j’étais prête à faire.

Je ne cherchais plus à tout résoudre d’un coup.

Alors, que faire quand on ne sait plus ce que l’on veut ?

Avant de chercher une nouvelle méthode, de faire un énième test ou de demander l’avis de cinq personnes supplémentaires, j’essaierais d’abord de déterminer quel est réellement le problème à résoudre.

Prenez une décision sur laquelle vous tournez en rond et essayez de répondre à ces quatre questions :

1. Qu’est-ce que je sais déjà ?

Ce qui ne me convient plus, ce qui m’attire, ce qui compte pour moi, les contraintes réelles.

2. Qu’est-ce que je cherche encore à savoir ?

Essayez d’être précis. Pas « quelle est la bonne décision ? », mais l’information qui vous manque réellement.

3. Est-ce que cette information peut être obtenue en réfléchissant ou en cherchant davantage ?

Si oui, cherchez-la.

4. Si ce n’est pas le cas, qu’est-ce qui me permettrait de l’obtenir ?

Une rencontre ? Une journée d’observation ? Quelques semaines ailleurs ? Un projet parallèle ? Une expérience limitée dans le temps ?

La réponse ne sera pas toujours un test.

Mais au moins, vous saurez ce que vous êtes réellement en train d’essayer de résoudre.

Et c’est très différent de continuer à penser : « Je ne sais décidément pas ce que je veux. »

Je ne sais toujours pas où je veux vivre.

Au moment où j’écris cet article, mon test n’a pas encore commencé.

Je ne sais donc toujours pas si le Portugal sera un endroit où j’aurai envie de rester.

Peut-être que oui.

Peut-être que dans quelques semaines, je découvrirai des choses auxquelles je n’avais absolument pas pensé.

Et c’est justement pour ça que j’y vais.

Il me manque une information.

Et cette fois, je sais que je ne la trouverai pas en réfléchissant.

Et si vous avez déjà beaucoup réfléchi ?

Peut-être que vous n’avez pas besoin de réfléchir davantage.

Mais cela ne signifie pas non plus qu’il suffit de « passer à l’action ».

Il faut d’abord comprendre ce qui vous bloque réellement.

Est-ce qu’il vous manque des critères ? Une information ? Une expérience ? Ou est-ce que vous savez déjà ce que vous voulez, mais que la peur vous fait rouvrir la décision encore et encore ?

C’est ce que nous démêlons ensemble dans La Boussole : une séance pour comprendre ce qui vous bloque et retrouver une direction claire.

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FAQ

Pourquoi je ne sais plus ce que je veux ?

Cela peut arriver lorsque ce qui vous convenait auparavant ne vous correspond plus, lorsque vos critères sont devenus flous ou lorsque vous essayez de répondre à une question pour laquelle vous ne disposez pas encore de suffisamment d’informations. Avant de chercher une nouvelle direction, il peut être utile d’identifier précisément ce qui a changé.

Comment savoir ce que je veux vraiment ?

Commencez par distinguer ce que vous savez déjà de ce que vous ne pouvez pas encore savoir. Clarifiez ensuite vos critères : ce que vous ne voulez plus, ce que vous recherchez davantage et ce qui vous permettrait de reconnaître une option intéressante. Certaines réponses pourront venir de la réflexion ; d’autres demanderont d’être confrontées à la réalité.

Pourquoi est-ce que je change constamment d’avis ?

Parfois, parce que de nouvelles informations modifient réellement la décision. Mais si vous rouvrez systématiquement le choix sans apprendre quelque chose de nouveau, vous cherchez peut-être moins une information qu’une certitude. Or certaines décisions comportent une part d’incertitude qu’aucune réflexion supplémentaire ne pourra complètement éliminer.

Que faire quand on ne sait plus quoi faire de sa vie ?

Évitez si possible de traiter « ma vie » comme un seul problème à résoudre. Identifiez d’abord ce qui vous préoccupe concrètement aujourd’hui : votre travail, votre lieu de vie, une relation, un projet, votre rythme… Puis cherchez l’information dont vous avez réellement besoin pour décider de la suite.

Note : ne plus savoir ce que l’on veut peut accompagner une période de transition ou de questionnement. Si cette perte d’envie s’accompagne d’une souffrance importante ou persistante, d’un profond sentiment de désespoir ou de difficultés qui affectent fortement votre quotidien, il est préférable d’en parler avec un professionnel de santé.